Dinard : Congrès 2018 de l’Association Bretonne

Palais des Arts et du Festival

22 au 24 juin 2018

C’est au Palais des Arts et du Festival — haut-lieu de la vie culturelle de Dinard, surplombant la plage de l’Écluse — que s’est tenu cette année le congrès de l’Association Bretonne. L’Ille-et-Vilaine succédait ainsi au Morbihan qui, l’an dernier, accueillit la précédente rencontre. Dès son édition de 1930, le Guide bleu illustré Hachette qualifiait Dinard de « station balnéaire la plus mondaine de la Bretagne du Nord » avec son importante colonie d’hivernants britanniques et américains. Il poursuivait « Baigneurs et touristes y affluent surtout entre le 1er août et le 8 septembre, époque des courses et des régates. C’est un séjour riant et aimable qui doit sa célébrité à sa magnifique situation, tant sur l’estuaire de la Rance que sur la mer. »

Plein succès pour cette édition 2018 du congrès avec l’enregistrement record de plus de 180 participants dès la première journée dont le programme se déroula sous un soleil radieux. La programmation, alternant de façon équilibrée conférences et visites, avait été établie par Jean-Yves Le Porzou, en lien avec le président Yann Kergall.

Vendredi 22 juin 2018

L’ouverture du congrès fut prononcée le vendredi matin par Yann Kergall, en sa qualité de président de l’association. Il passa ensuite la parole à Jean-Claude Mahé, maire de Dinard depuis 2017, pour le traditionnel mot d’accueil. Ce dernier, professeur à la retraite, fit l’éloge de sa ville, connue notamment du public pour ses villas, son architecture belle-époque et son festival du film britannique. Le respect de ce patrimoine constitue l’un des objectifs de la municipalité avec dans le même temps le souci d’inscrire la cité dans la modernité. Après avoir évoqué en quelques chiffres la réalité de sa ville et son évolution au cours des dernières années, il souhaita la bienvenue aux congressistes, exprimant par la même occasion sa fierté d’accueillir le congrès de l’Association bretonne, pour la 1e fois depuis la création de cette dernière il y a 175 ans.

Dinard : La plage de l’Écluse

La journée du 23 juin fut marquée par des interventions variées, ainsi celle concernant l’Association des descendants de capitaines corsaires par Dominique de Ferron. Cette association identifie et recense dans sa base de données 6014 capitaines corsaires, identifiés du XIVe siècle à 1815. Puis Luc Boisnard, auteur des Élites malouines, aborda le sujet de la société malouine et de ses évolutions, avant la conférence du docteur Marc Bonnel sur l’expansion balnéaire de la côte d’Émeraude dans la seconde partie du XXe siècle. Pendant le déjeuner, servi au restaurant du Casino, les congressistes profitèrent du spectaculaire panorama sur la plage et le large. En début d’après-midi, ils se partagèrent en deux groupes qui visitèrent respectivement les hauts-lieux des promenades dinardaises, la pointe du Moulinet et celle de la Malouine. Enfin, une dernière intervention porta sur la généalogie en France et dans le monde, effectuée à deux voix par Michel Teillard d’Eyry, président d’honneur de la Confédération Internationale de Généalogie et de l’Héraldique, et Michel Germain.

L’un des temps forts de cette première journée fut l’assemblée générale de l’association, avec la présentation du rapport moral du président, présenté par Yann Kergall, puis celle du rapport financier par Yves Guillaumot. Ces deux présentations obtinrent le quitus des membres présents ou représentés. Yann Kergall fit part à cette occasion de sa décision de céder sa place de président, résolution préalablement annoncée lors du dernier conseil d’administration avec la proposition de son successeur, Benoît de Bergevin, qui avait accepté de prendre le relais. Les membres présents furent alors invités à ratifier ce vote, ce qui fut fait à l’unanimité. Le nouveau président prendra ses fonctions le 1er septembre prochain. Des applaudissements nourris exprimèrent la satisfaction de l’assemblée pour le travail effectué par le président démissionnaire et les encouragements pour le nouveau président. Puis un cocktail propice aux échanges entre les membres de l’association vint clore la journée.

Yann Kergall et son épouse (à gauche), Benoît de Bergevin et son épouse (à droite)

Samedi 23 juin 2018

Le samedi 23 juin, six conférenciers prirent la parole à tour de rôle. René Colas et Michel Outy, auteurs d’un article documenté publié en 2017 dans le bulletin de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine (SAHIV) évoquèrent en ouverture le rôle des milices garde-côtes de la province de Bretagne et la capitainerie de Pontbriand. Claude de Langle présenta ensuite le parcours étonnant du scientifique malouin Pierre Louis Moreau de Maupertuis. Pour clore la matinée et en revenir à un sujet plus contemporain, Patrick Soisson, président de la Compagnie des Pêches, dressa le tableau vivant de la situation de la pêche aujourd’hui.

L’après-midi, Philippe Petout, conservateur en chef du musée de Saint-Malo —contributeur éminent de l’ouvrage Saint-Malo, la cathédrale des corsaires — présenta la cathédrale Saint-Vincent, que fréquentèrent Surcouf, Duguay-Trouin, Jacques Cartier, Chateaubriand et les frères Lamennais. Son clocher de 72 mètres constitue un amer remarquable de Saint-Malo. Jacques Le Goualher évoqua ensuite, à partir de l’ancêtre hollandais de son épouse, le lien entre les vedettes vertes de Dinard, nées en 1904 de l’expansion du tourisme, et les grandes expéditions malouines. Enfin, en clôture de la journée, Loïk et Erwana Camus, son petit-fils et son arrière-petite-fille, évoquèrent la mémoire de Camille Le Mercier d’Herm, poète, éditeur, historien et nationaliste breton, connu nous le nom néo-bardique de Kammermor et breton de Kamil Ar Merser ‘Erm. Auteur en 1909 de l’article intitulé « Traditionalisme et séparatisme », qui connut un fort retentissement, il lança en 1921 le journal La Bretagne libertaire.

Dinard : La porte d’Émeraude et la cale du Bec de la Vallée

Dimanche 24 juin 2018

Le dimanche 24 juin, une visite guidée de la ville de Saint-Malo fut organisée avant la messe en la cathédrale Saint-Vincent, avant la clôture du congrès par un repas dans la malouinière de la Ville Bague en Saint-Coulomb. Édifié au XVIIIe siècle, elle fit l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 28 décembre 1981. La Ville Bague fut construite en 1715 par Guillaume Eon, descendant d’une famille de riches négociants malouins qui possédaient plusieurs comptoirs à l’étranger. En 1975, Jacques Chauveau et son épouse Madeleine achetèrent la propriété et entreprirent pendant 20 ans un patient travail de restauration de la malouinière et de son parc. Son grand salon a pour particularité un papier peint panoramique classé monument historique. Commandée par le Marquis de Penfentenyo, sa réalisation nécessita 2 ans de travail à la manufacture Dufourt et Leroy de Paris.

Les membres du CA, en clôture du congrès, chez J.-G. Bouchaud

En conclusion, le congrès 2018 de l’Association Bretonne — passage de relais entre deux présidents — fut une parfaite réussite, dans des conditions météorologiques privilégiées.

Saint-Malo en perspective.

20 mai 2017 – Journée de Pays en Trégor-Goëlo

Belle-Isle-en-Terre et environs, dans le contexte de Lady Mond

Marie-Louise Le Manac’h est née en 1869 au moulin de Prat-Guégan, à Belle-Isle-en-Terre, dans le Trégor intérieur.
Seule fille d’une famille de meuniers, elle saura développer des qualités hors norme avec un sens profond du patrimoine et des relations humaines. Après des études appliquées à l’école des filles, elle a l’occasion d’assister à Paris aux obsèques de Victor Hugo, où elle découvre un monde de riches personnes menant une vie facile où l’argent est partout présent. Belle jeune femme, intelligente et dotée d’une forte personnalité, elle va fréquenter Paris, puis Londres où elle rencontre Antoine de Bourbon, infant d’Espagne : elle mène avec lui une vie de fastes et de plaisirs, entre Paris, Londres et Madrid pendant plusieurs années… En 1905, après la rupture de leur liaison, elle vit quelque temps à Paris, puis retourne à Londres, où elle aime vivre, ayant appris l’anglais à la perfection. En 1910, elle fait la connaissance de Robert Mond, le richissime roi du nickel, qui finira par l’épouser en 1922. Elle reviendra souvent à Belle-Isle, où elle a fait construire le Pavillon Mond. Elle voyage beaucoup, partageant son temps entre Paris, Londres, Dinard où son mari achète en 1926 un château renommé Castel Mond, qui sera leur résidence préférée ; autre destination de voyage, l’égypte où son mari finance des recherches archéologiques. En 1929, Robert Mond lui offre le château de Coat-an-Noz à Belle-Isle ; et en 1932, ils seront tous deux anoblis par George V.

Devenue Lady Mond, Maï Manac’h va faire oeuvre d’un mécénat unique en son genre en Bretagne : le pavillon Mond deviendra la mairie, occcupé par son jeune frère devenu maire ; alors qu’elle séjourne à Coat-an-Noz, elle fait construire à côté de la mairie une réplique réduite du château, qui sera nommée elle aussi Castel Mond, et équipée d’une mini-centrale électrique sur le Léguer.

Pour sa commune, elle fait aussi construire une poste, une gendarmerie… Après le décès de son mari, elle réside à Coat-an-Noz, jusqu’à la guerre où ses belles propriétés de Bretagne sont occupées par les Allemands. À sa mort en 1949, elle sera enterrée dans le mausolée à crypte égyptienne qu’elle a fait construire dans le cimetière de Locmaria pour elle et son mari.

         

C’est donc autour de cette vie étonnante que s’est déroulée la journée de pays du 20 mai, où après un rapide accueil par le maire, nous avons visité le Castel Mond, devenu école, puis aujourd’hui Centre Régional d’Initiation à la Rivière. Après avoir escaladé le piton rocheux du centre du bourg d’où l’on domine tous les environs, nous avons l’église, reconstruite vers la fin du XIXᵉ  siècle.

Nous allons ensuite à la chapelle de Locmaria, ancienne église de Belle-Isle, entourée d’un cimetière où l’accès au mausolée nous est autorisé, mais pas à la crypte où Lady Mond repose dans un tombeau en marbre de Carare. Le mausolée comprend de belles statues des défunts, et de superbes petits vitraux représentant la Vierge Marie et différents saints.

Après le repas au Relais de l’Argoat, nous avons visité le site de l’ancienne papeterie Vallée, qui a employé jusqu’à 250 personnes avant 1965, année de sa fermeture. Emma Prunaux, ancienne ouvrière de la papeterie, nous a fait parcourir le site en nous expliquant les différentes activités dans les bâtiments : tri, déchiquetage, macération des chiffons, fabrication des rouleaux de papier, etc.

Nous sommes allés ensuite à Plougonver à la biscuiterie Menou, où la reconstitution d’un petit bourg d’autrefois est riche de souvenirs.

En revenant à Belle-Isle, un arrêt au château de Coat-an-Noz, que nous avons pu visiter grâce à l’amabilité de Bernard Moreau, le propriétaire actuel, qui met ses talents en techniques du bâtiment au service de la restauration de ce très grand bâtiment.

Uniac de Quénetain nous a quittés


 Lors de notre conseil d’administration du 7 octobre dernier à Rennes, nous ne nous doutions pas que nous discutions pour la dernière fois avec notre ami Uniac de Quénetain. C’est avec tristesse et émotion que nous avons appris son décès arrivé le 30 octobre.

     Un grand nombre de personnes ont participé à ses obsèques le 3 novembre 2017 en l’église de Saint-Uniac.

     À cette occasion, notre président a évoqué sa mémoire :

 

     « Chère Françoise

     Chers amis

     C’est le moment d’évoquer Uniac dans un dernier adieu d’amitié et de respect,  à partir de ce que de ce que nous avons vécu avec lui au conseil d’administration de l’Association Bretonne dont il était  vice-président  pour la Haute Bretagne.

     Enfin remis d’une affection pulmonaire, il avait accepté bien volontiers cette responsabilité. Mais une autre maladie l’a emporté brutalement alors que la semaine dernière encore il me  disait être bien rétabli.

     Uniac était un homme de tradition et un homme de foi. Sans chercher à s’imposer aux autres, il savait manifester sa détermination avec un jugement très sûr à propos des questions que nous avions à traiter lors nos diverses rencontres et travaux.

     Homme de la tradition, il se plaisait  parfois à l’évoquer sans la figer  dans des  souvenirs nostalgiques. Elle lui servait surtout  de référence. Il la rappelait avec justesse pour éclairer  nos choix pour  l’avenir. Parti trop tôt, il n’avait pas fini d’apporter tout ce qu’il avait en lui. Nous comptions beaucoup sur lui pour garder l’Association Bretonne fidèle aux visions  de ses pères fondateurs et de nos anciens.

     Homme de foi, il se retrouvait bien dans les racines chrétiennes de la Bretagne auxquelles notre association est particulièrement attachée. En réunissant sa famille et ses amis cette belle cérémonie  est l’illustration de la foi personnelle qui l’animait. Il faisait siennes les paroles du cantique breton « Da feiz on tadou coz » qui rappellent la résistance des bretons au début du XXème siècle à l’anticléricalisme militant de l’époque. En ce début du XXIème siècle il savait dénoncer  la sécularisation et le relativisme qui en ont été les conséquences en France.

     Avec ses amis nous garderons d’Uniac le souvenir d’un ami fidèle, déterminé, profondément chrétien et breton.« 

Yann Kergall

27 avril 2017 – Journée de Pays – Le Penthièvre

Pays de Penthièvre

(déléguée : Elisabeth Delafargue)

Journée du 27 avril 2017 à Erquy, Pléhérel et Plévenon

     C’est au matin du 27 avril que les adhérents du pays de Penthièvre se sont retrouvés sur le port d’Erquy pour la découverte de la criée et des installations portuaires, bien chaussés et couverts en ce début de printemps. Nous étions accompagnés par un animateur du Grand Site Cap d’Erquy/Cap Fréhel. Après un déjeuner au restaurant La Himbert de Plurien, l’après-midi fut consacrée à la visite de la chapelle du Vieux Bourg, dominant la mer en face du cap Fréhel. Enfin la journée s’acheva par la découverte des jardins remarquables de Ker louis de Monsieur Tranchant, en Plévenon.

     La criée d’Erquy

     La criée d’Erquy est une des 38 criées françaises, présente sur le port qui est le 4ème port de pêche français en termes de chiffre d’affaire et le septième en termes de tonnage débarqué (le premier étant Boulogne sur Mer). Cela représente environ 8700 tonnes débarqués pour 24.300 M€. Notre visite a permis de découvrir en détails tous les aspects du fonctionnement de la criée, tout d’abord l’approvisionnement soit par les navires hauturiers, soit par les navires côtiers. Puis les différentes étapes de traitement du poisson débarqué ont pu être expliquées in situ : le déglaçage, le tri par taille et qualité, la pesée, la mise en ligne du catalogue de vente, puis la vente elle-même. Cette dernière utilise les techniques de pointe, car la criée d’Erquy est informatisée depuis 1992 et la vente à distance existe depuis 2006. C’est donc toute une organisation extrêmement minutieuse qui permet de garantir la qualité du poisson débarqué par les pêcheurs jusqu’à notre assiette, que nous avons eu la chance de découvrir.

 

     La Chapelle du Vieux Bourg

     La Chapelle du Vieux-Bourg, ancienne église paroissiale de Pléhérel, est placée face à la mer, et a une histoire de plus de 800 ans. Sa visite commentée avec passion par Messieurs Pimor et Charoy nous a permis de découvrir toute l’histoire de cette chapelle, et la beauté des statues notamment la statuette d’albâtre de la Vierge à l’Enfant, œuvre rare qui présente une impression de grande quiétude, et dont l’histoire mouvementée nous a passionnés, car cette statuette a été volée en 1980 et retrouvée de manière surprenante en 2012…

     Les peintures sont tout aussi remarquables, telles que Notre Dame du Bon Secours, qui représente une scène de naufrage à la Pointe aux Chèvres, ou la peinture sur toile de Burini représentant Saint Joseph et Jésus, nourri par les anges pendant la fuite en Égypte.

 

     Les jardins remarquables de Ker Louis

    Nous avons ensuite visité les jardins de Ker Louis qui sont situés dans la commune de Plevenon, à environ 4 Kilomètres du cap Fréhel. Nous avons été accueillis par les propriétaires, M et Mme Tranchant. Commencé en 1980, ce jardin de 2 Ha est une création complète à partir de terres de production agricoles, et l’aboutissement d’un travail extrêmement personnel. Il est le fruit d’une imagination forgée par la lecture, les voyages et par les nombreuses visites de jardins.

     Ker Louis met en valeur simplement d’importantes perspectives.

     Nous admirons la pelouse, travaillée et tondue tous les 3 jours, qui apporte une touche raffinée à l’ensemble et met en exergue de nombreux arbustes, dont ce cornus variegata controversa, panaché vert et blanc.

     L’influence océanique favorise la croissance d’une multitude de plantes, dont 300 pieds de camélias, 100 magnolias de variétés différentes, ainsi que des rhododendrons aux couleurs et senteurs remarquables. Le choix raisonné des végétaux est guidé par la volonté d’éveiller les sens toute l’année : une floraison continue même l’hiver, des feuillages choisis avec soin, l’utilisation d’arbres aux écorces décoratives spécialement attrayantes en hiver et enfin des parfums diffusants.

     Ce ne sont pas des collections au sens propre du terme, mais des plantes intéressantes, sélectionnées   pour leur qualité esthétique et pour leur robustesse.

     La visite se termine par le somptueux jardin japonais, dernière création qui surprend et émerveille le visiteur, notamment par au plan d’eau bordé de Gunnéra Manicata.

     Notre visite s’est déroulée sous un soleil magnifique qui mettait en valeur toutes les teintes des érables rouges, des euchères des euphorbes y compris le vert tendre des fougères arborescentes.

Remise officielle du Bulletin paru en 2017 (Congrès 2016 à Lannion)

Le vendredi 2 juin 2017, une trentaine de personnes avaient répondu à l’invitation de la Mairie dans les bâtiments rénovés de l’Espace Sainte-Anne, ancien couvent des Ursulines pour la remise officielle du Bulletin de l’Association Bretonne rendant compte du Congrès 2016 à Lannion.

Pour l’Association Bretonne étaient présents : Yann Kergall, le président, Jacques Dedeyan, le secrétaire général, Jean-Yves Le Moing, délégué du Trégor et Goëlo, organisateur du congrès de Lannion, et plusieurs délégués de pays de Nord-Bretagne, la plupart des conférenciers, et des représentants de l’ARSSAT (Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor), qui avaient été nos guides pour les visites en juin 2016.

Pour la municipalité de Lannion, le maire, Paul Le Bihan, l’adjointe à la Culture, au Patrimoine et à l’Événementiel, Delphine Charlet, et deux conseillers municipaux.

Dans son discours, Yann Kergall, après avoir rappelé les caractéristiques de notre association, évoqua les différents thèmes traités par les conférenciers, les visites, et rendit hommage à Delphine Charlet qui nous a permis de revivre ce qu’a représenté pour Lannion, petite ville rurale, l’arrivée des personnels du CNET et de nous rendre compte de l’importance de la création de Lannion-Trégor Communauté (LTC).

Puis ce fut la remise du Bulletin et de la médaille de l’Association Bretonne au maire de Lannion.

Ce dernier reprit à son compte ce qui nous caractérise : lieu de mémoire, lieu d’appartenance, lieu de convivialité.

Puis Lena Louarn, vice-présidente du Conseil régional, présidente de l’Office public de la langue bretonne, dans un discours en breton, puis en français, rappela le rôle de notre association dans la défense de la langue bretonne.

Enfin, la municipalité a généreusement offert le pot de l’amitié.

Vous trouverez le sommaire de ce Bulletin en cliquant sur le lien suivant :

http://associationbretonne.bzh/wp-content/uploads/2017/08/Sommaire-du-Bulletin-paru-en-2017-Congrès-2016-à-Lannion.pdf

A la mémoire de Joël Cuzon du Rest

Joël Cuzon du Rest nous a quittés le 30 avril 2017, à l’âge de 96 ans. Ses parents, ses amis, les membres de l’Association Bretonne comme ceux du Club de Bretagne garderont le souvenir de sa silhouette élancée comme de son attitude élégante. Sa voix, toujours posée, exprimait une pensée claire. Il avait ce sens de l’humour un peu british, qu’annonçait un soudain pétillement du regard.

La chapelle Saint-Philibert

Ses obsèques furent célébrées le 4 mai dans la chapelle Saint-Philibert,  édifiée en 1648, enchâssée dans ce paysage marin qu’il aimait tant, celui dans lequel il avait choisi de venir prendre sa retraite après avoir exercé à Paris sa carrière professionnelle. Les deux fontaines proches de la chapelle – celle aux bêtes de 1649 et celle à la croix, dotée de vertus guérisseuses – constituèrent pendant longtemps le seul point d’eau du village. À proximité, le chemin des goémoniers longe la rivière de Saint-Philibert et mène à l’anse de Tréhennarvour puis à la pointe de Men-Er-Beleg, comme un doigt pointé vers le large.

Cérémonie émouvante et recueillie sous la voûte bleue constellée d’étoiles de cette chapelle à laquelle sont suspendues plusieurs ex-votos : un thonier, une reproduction de la frégate La Gloire, celle d’un trimaran. Au-dessus du retable du XVIIIe siècle un tableau évoque la mémoire de Saint-Philibert, venu d’Irlande sur une auge en pierre. Régis le Bouteiller, Président d’honneur de l’Association Bretonne, rappela sa mémoire pendant l’office religieux.

Les interventions de Joël, toujours pesées et pertinentes, témoignaient de la rigueur de sa réflexion. Homme de conviction, il avait la Bretagne chevillée au corps. Cet engagement le conduisit à fonder dès 1980, à Paris, le Club de Bretagne qui devint très vite l’un des rendez-vous de la diaspora bretonne. Déclarée le 5 août 1981 à la Préfecture de Police, l’association s’était donnée pour objet de renforcer les liens entre les membres de l’Aozadur Embregerien Vreizh (Association des chefs d’entreprise bretons). Elle eut d’abord pour siège le 91 avenue Kléber puis le 27 Quai de Bourbon. Les rencontres se déroulèrent dans le restaurant du Normandy Hôtel, puis au Centre Chaillot Galliera, avenue George V, plus récemment au restaurant La Coupole puis à l’École Militaire. En l’espace de 36 ans, près de trois cents rencontres se sont tenues avec des personnalités aussi variées qu’Alexis Gourvennec (Britany Ferries), Jean-Guy Le Floch (Armor Lux), Vincent Bolloré (Groupe Bolloré), Michel-Edouard Leclerc (Centres Leclerc), Yves Le Bacquer (Crédit Mutuel de Bretagne), Patrick Le Lay (TF1), Jean-Pierre Le Roch (Intermarché), Xavier Henry de Villeneuve (Banque de Bretagne), Louis Le Duff (La Brioche Dorée) et bien d’autres.

Comme le précisait l’article 2 de ses statuts : « Le Club de Bretagne rassemble des personnes physiques ou morales – acteurs de la vie économique, sociale ou culturelle – rapprochées par un intérêt commun porté à la Bretagne, à son identité et à sa culture ». C’est en présence de Joël, son président d’honneur, que fut célébré le 25e anniversaire de l’association, le mercredi 15 mars 2006, au Cercle Républicain, en présence de Jean-Yves Le Drian, alors Président de la Région Bretagne, et de Marylise Lebranchu. Joël avait choisi lui-même le logo du Club de Bretagne, un blason associant dans un cercle rouge deux symboles significatifs. D’une part la Croix Noire (Kroaz Du) qui fut au XIe siècle le premier drapeau breton. Pavillon de l’amirauté bretonne jusqu’en 1789, elle rappelait la vocation de notre peuple voyageur et de sa maîtrise des mers au cours des siècles. D’autre part figurait l’hermine, adoptée en 1316 dans l’emblème de Jean III, Duc de Bretagne. Ce logo entendait rappeler que ce qui fut une nation indépendante jusqu’en 1532 puis une « province réputée étrangère » unie à la France jusqu’en 1790, avant de perdre son indépendance lors de la Révolution française, constitue – aujourd’hui encore – un peuple attaché à ses racines, non pas de façon nostalgique, mais dans une volonté d’affirmer son identité pour se projeter dans le nouveau millénaire.

Revenu à Saint-Philibert, sa terre d’élection, au terme de sa vie professionnelle, Joël poursuivit son engagement au sein de l’Association Bretonne dont il devint membre du conseil en 1993. Surtout, dans ce même esprit qui l’avait animé lors de la fondation du Club de Bretagne, il fut l’orchestrateur efficace des Dîners de l’Association Bretonne, à Vannes. Le 31 mars 2003, célébrant le 10e anniversaire de ces rencontres, il choisit pour thème « Comment peut-on être breton aujourd’hui. Comment pourra-t-on l’être demain ? » S’interrogeant sur la place qui serait celle de la Bretagne dans le grand redécoupage régional de la France, initiée par le gouvernement, il affirma à cette occasion haut et fort qu’il serait impossible de détruire l’identité de cette région, ancrée dans 15 siècles d’histoire. Dans l’interview que lui consacra à cette occasion Le Télégramme, il affirma qu’il revenait désormais aux jeunes Bretons, après leurs aînés, de faire preuve d’engagement pour perpétuer le visage d’une Bretagne active et conquérante, tournée vers l’avenir mais fière de son passé.

Même si l’an passé, Joël avait choisi de ne plus siéger au conseil de l’Association Bretonne, il continua à s’intéresser à son action. Son exemple et son souvenir nous accompagnent. Nos pensées vont vers Mylène, son épouse, son fils Tanguy et sa fille Gwenola, sœur Pauline en religion.

Michel GERMAIN
Président d’honneur du Club de Bretagne
Membre du conseil d’administration de l’Association Bretonne

Décès de Joël Cuzon du Rest

Nous avons appris avec tristesse le décès de Joël Cuzon du Rest qui a tant œuvré pour notre Association notamment en créant les Dîners de l’Association Bretonne

Ses obsèques ont eu lieu jeudi 4 mai à 14 h 30 en l’église de Saint-Philibert (56470).

Voici l’hommage rendu par Régis le Bouteiller des Haries, président d’honneur de l’Association Bretonne : 

« L’Association Bretonne, que je représente ici aujourd’hui, puisque son président actuel est malheureusement à l’étranger, l’Association Bretonne est en deuil.

Vous en étiez, mon cher Joël, jusqu’à samedi dernier l’un de ses plus anciens membres. Vous étiez membre du Conseil depuis 1993 et vous en avez été récemment nommé membre d’honneur.

D’une ancienne famille de Cornouaille, vous avez manifesté tout au long de votre vie un amour profond pour notre Bretagne. Vous avez toujours voulu la faire vivre et la faire connaître.

Ainsi,  aviez-vous fondé à Paris le « Club de Bretagne » dont vous fûtes le Président pendant vingt ans. Puis, prenant votre retraite à Saint-Philibert, vous avez créé « les Dîners de l’Association Bretonne ».

Ces fameux dîners portaient haut les couleurs de la Bretagne. Ils avaient lieu régulièrement à Vannes autour de conférenciers de grande qualité que vous saviez sélectionner grâce à vos relations parisiennes et à votre immense culture bretonne. Vous offriez là l’excellence de ce que notre Association Bretonne avait pour mission d’apporter à ses membres.

Soyez-en une dernière fois remercié.

Notre prière s’associe aujourd’hui à celle de votre famille pour le repos de votre âme. Et nous vous demandons de bien vouloir, du haut du ciel, veiller sur notre Association Bretonne que vous aimiez tant. »

Journée de Pays du Haut-Léon

(Délégué : Benoît de Bergevin)

5 avril 2017

 

Avec plus de 90 participants, cette journée de pays a connu un grand succès.

Nous avons été accueillis dans les locaux de la Chambre de commerce et d’industrie de Morlaix.

Tout d’abord, le docteur Régis Pillet, ophtalmologiste (er), féru d’ornithologie et de photographie, nous a passionnés par un exposé sur Les oiseaux de la Baie de Morlaix. L’orateur nous a montré quel travail de camouflage et quelle patience il lui faut pour saisir sur le vif les différents aspects de la vie de ces oiseaux. Il nous a aussi montré son talent de sculpteur car il reproduit maintenant ce qu’il voit en trois dimensions dans du samba (bois africain).

Puis, Philippe Abjean ne nous a pas moins passionnés en nous parlant d’une grande mystique assez peu connue : Marie-Amice Picard née à Guiclan. Elle portait comme saint François d’Assise, Padre Pio ou Marthe Robin, les stigmates du Crucifié. De 1635 à sa mort, elle vécut à Saint-Pol-de-Léon où elle a été inhumée après être morte comme une sainte, le jour de Noël 1652.

À l’issue de cette communication, Philippe Abjean fut à l’honneur car l’Association Bretonne lui a remis un diplôme, accompagné d’un chèque de 1000 euros, pour l’ensemble de son œuvre : la relance du Tro Breiz ; les Chemins du Tro Breiz ; la Vallée des Saints. (Et bientôt la Cité de la Paix à l’abbaye de Langonnet.)

Les journalistes du Télégramme étaient là pour l’occasion :

On peut noter qu’il faut remonter à 1851 pour trouver la dernière remise d’un prix par l’Association Bretonne et il s’agissait d’un prix d’agriculture.

Après un bon déjeuner au restaurant L’Albatros situé tout près de la CCI, nous avons découvert avec admiration le travail du docteur Franck Zal qui a créé la société Hemarina, entreprise de biotechnologies qui développe des solutions innovantes (à base de molécules d’origine marine) destinées aux patients et aux industries de santé. Parmi ces solutions, un projet de « sang artificiel » (on devrait plutôt dire « transfert d’oxygène hémoglobinique ») obtenu à partir des vers marins, découverte qui serait une solution à la pénurie de sang dans le monde. La société vient de recevoir à New-York, le prix Creative Next, concours qui met en lumière les entrepreneurs les plus innovants.

Le Dr Zal nous a aussi fait part de ses débuts difficiles pour faire connaître ces produits innovants, et malgré le succès qu’il connaît maintenant, les freins administratifs rencontrés en France pour les diffuser. 

Nous vous recommandons vivement de consulter le site Internet d’Hemarina : http://www.hemarina.com/index.php?vrs=hemarina_francais

Malheureusement, compte tenu du grand nombre de participants, nous n’avons pas pu visiter leurs locaux.

De g. à d. : Régis Pillet, Philippe Abjean, Franck Zal, Benoît de Bergevin