Dinard : Congrès 2018 de l’Association Bretonne

Palais des Arts et du Festival

22 au 24 juin 2018

C’est au Palais des Arts et du Festival — haut-lieu de la vie culturelle de Dinard, surplombant la plage de l’Écluse — que s’est tenu cette année le congrès de l’Association Bretonne. L’Ille-et-Vilaine succédait ainsi au Morbihan qui, l’an dernier, accueillit la précédente rencontre. Dès son édition de 1930, le Guide bleu illustré Hachette qualifiait Dinard de « station balnéaire la plus mondaine de la Bretagne du Nord » avec son importante colonie d’hivernants britanniques et américains. Il poursuivait « Baigneurs et touristes y affluent surtout entre le 1er août et le 8 septembre, époque des courses et des régates. C’est un séjour riant et aimable qui doit sa célébrité à sa magnifique situation, tant sur l’estuaire de la Rance que sur la mer. »

Plein succès pour cette édition 2018 du congrès avec l’enregistrement record de plus de 180 participants dès la première journée dont le programme se déroula sous un soleil radieux. La programmation, alternant de façon équilibrée conférences et visites, avait été établie par Jean-Yves Le Porzou, en lien avec le président Yann Kergall.

Vendredi 22 juin 2018

L’ouverture du congrès fut prononcée le vendredi matin par Yann Kergall, en sa qualité de président de l’association. Il passa ensuite la parole à Jean-Claude Mahé, maire de Dinard depuis 2017, pour le traditionnel mot d’accueil. Ce dernier, professeur à la retraite, fit l’éloge de sa ville, connue notamment du public pour ses villas, son architecture belle-époque et son festival du film britannique. Le respect de ce patrimoine constitue l’un des objectifs de la municipalité avec dans le même temps le souci d’inscrire la cité dans la modernité. Après avoir évoqué en quelques chiffres la réalité de sa ville et son évolution au cours des dernières années, il souhaita la bienvenue aux congressistes, exprimant par la même occasion sa fierté d’accueillir le congrès de l’Association bretonne, pour la 1e fois depuis la création de cette dernière il y a 175 ans.

Dinard : La plage de l’Écluse

La journée du 23 juin fut marquée par des interventions variées, ainsi celle concernant l’Association des descendants de capitaines corsaires par Dominique de Ferron. Cette association identifie et recense dans sa base de données 6014 capitaines corsaires, identifiés du XIVe siècle à 1815. Puis Luc Boisnard, auteur des Élites malouines, aborda le sujet de la société malouine et de ses évolutions, avant la conférence du docteur Marc Bonnel sur l’expansion balnéaire de la côte d’Émeraude dans la seconde partie du XXe siècle. Pendant le déjeuner, servi au restaurant du Casino, les congressistes profitèrent du spectaculaire panorama sur la plage et le large. En début d’après-midi, ils se partagèrent en deux groupes qui visitèrent respectivement les hauts-lieux des promenades dinardaises, la pointe du Moulinet et celle de la Malouine. Enfin, une dernière intervention porta sur la généalogie en France et dans le monde, effectuée à deux voix par Michel Teillard d’Eyry, président d’honneur de la Confédération Internationale de Généalogie et de l’Héraldique, et Michel Germain.

L’un des temps forts de cette première journée fut l’assemblée générale de l’association, avec la présentation du rapport moral du président, présenté par Yann Kergall, puis celle du rapport financier par Yves Guillaumot. Ces deux présentations obtinrent le quitus des membres présents ou représentés. Yann Kergall fit part à cette occasion de sa décision de céder sa place de président, résolution préalablement annoncée lors du dernier conseil d’administration avec la proposition de son successeur, Benoît de Bergevin, qui avait accepté de prendre le relais. Les membres présents furent alors invités à ratifier ce vote, ce qui fut fait à l’unanimité. Le nouveau président prendra ses fonctions le 1er septembre prochain. Des applaudissements nourris exprimèrent la satisfaction de l’assemblée pour le travail effectué par le président démissionnaire et les encouragements pour le nouveau président. Puis un cocktail propice aux échanges entre les membres de l’association vint clore la journée.

Yann Kergall et son épouse (à gauche), Benoît de Bergevin et son épouse (à droite)

Samedi 23 juin 2018

Le samedi 23 juin, six conférenciers prirent la parole à tour de rôle. René Colas et Michel Outy, auteurs d’un article documenté publié en 2017 dans le bulletin de la Société archéologique et historique d’Ille-et-Vilaine (SAHIV) évoquèrent en ouverture le rôle des milices garde-côtes de la province de Bretagne et la capitainerie de Pontbriand. Claude de Langle présenta ensuite le parcours étonnant du scientifique malouin Pierre Louis Moreau de Maupertuis. Pour clore la matinée et en revenir à un sujet plus contemporain, Patrick Soisson, président de la Compagnie des Pêches, dressa le tableau vivant de la situation de la pêche aujourd’hui.

L’après-midi, Philippe Petout, conservateur en chef du musée de Saint-Malo —contributeur éminent de l’ouvrage Saint-Malo, la cathédrale des corsaires — présenta la cathédrale Saint-Vincent, que fréquentèrent Surcouf, Duguay-Trouin, Jacques Cartier, Chateaubriand et les frères Lamennais. Son clocher de 72 mètres constitue un amer remarquable de Saint-Malo. Jacques Le Goualher évoqua ensuite, à partir de l’ancêtre hollandais de son épouse, le lien entre les vedettes vertes de Dinard, nées en 1904 de l’expansion du tourisme, et les grandes expéditions malouines. Enfin, en clôture de la journée, Loïk et Erwana Camus, son petit-fils et son arrière-petite-fille, évoquèrent la mémoire de Camille Le Mercier d’Herm, poète, éditeur, historien et nationaliste breton, connu nous le nom néo-bardique de Kammermor et breton de Kamil Ar Merser ‘Erm. Auteur en 1909 de l’article intitulé « Traditionalisme et séparatisme », qui connut un fort retentissement, il lança en 1921 le journal La Bretagne libertaire.

Dinard : La porte d’Émeraude et la cale du Bec de la Vallée

Dimanche 24 juin 2018

Le dimanche 24 juin, une visite guidée de la ville de Saint-Malo fut organisée avant la messe en la cathédrale Saint-Vincent, avant la clôture du congrès par un repas dans la malouinière de la Ville Bague en Saint-Coulomb. Édifié au XVIIIe siècle, elle fit l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques le 28 décembre 1981. La Ville Bague fut construite en 1715 par Guillaume Eon, descendant d’une famille de riches négociants malouins qui possédaient plusieurs comptoirs à l’étranger. En 1975, Jacques Chauveau et son épouse Madeleine achetèrent la propriété et entreprirent pendant 20 ans un patient travail de restauration de la malouinière et de son parc. Son grand salon a pour particularité un papier peint panoramique classé monument historique. Commandée par le Marquis de Penfentenyo, sa réalisation nécessita 2 ans de travail à la manufacture Dufourt et Leroy de Paris.

Les membres du CA, en clôture du congrès, chez J.-G. Bouchaud

En conclusion, le congrès 2018 de l’Association Bretonne — passage de relais entre deux présidents — fut une parfaite réussite, dans des conditions météorologiques privilégiées.

Saint-Malo en perspective.