Editorial du Président

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Éditorial du Président Yann KERGALL

« Depuis maintenant 172 ans, l’Association bretonne accompagne la permanente transformation de la Bretagne, dans son adaptation à un monde qui change. Elle reste attachée – dans le même temps – au respect de l’identité propre à l’entité qui la fonde. Elle conjugue, sans concession, l’alliance de la tradition et de la modernité, dans un souci de fertilisation croisée apportée par ces deux notions qui se fécondent l’une et l’autre. La Bretagne est une terre de tradition, confronté au vent du large qui l’ouvre en permanence à d’autres horizons, à d’autres territoires.

L’Association bretonne naît en 1843, quatre ans à peine après la publication de la première édition du Barzaz Breiz, l’épopée de Théodore Hersart de La Villemarqué. Cette même année fut aussi celle de la naissance du peintre breton Paul Sebillot, promoteur des traditions populaires, dont Jules Laurens écrira : « Breton de naissance, il a voué sa palette à la Bretagne, heureusement, dévotement, pour lui-même et les autres. » Notre association pourrait faire sienne cette formulation, tant elle s’applique à son orientation exclusive vers cette même finalité de servir la Bretagne. Son intitulé est on ne peut plus explicite, par la conjonction des deux termes « association » et « bretonne ». Fondée par un agronome, Jules Rieffel, et un historien, Armand du Chatellier, l’Association Bretonne est la plus ancienne société savante de la Bretagne historique.

  • Association tout d’abord, elle se conforme à la définition générique qu’en donne le dictionnaire : « groupement de personnes qui s’associent à une fin déterminée ». Dans une acception plus juridique, ce même terme spécifie aussi « la convention par laquelle plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente leurs connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices ». Au travers de ces deux définitions transparaît la raison d’être de l’Association bretonne : fédérer des personnes attachées à une même idée de préservation de leur patrimoine géographique, historique et culturel.
  • Bretonne, avant tout et surtout. L’objet, comme la raison d’être de notre association, apparaissent dans le second terme de l’intitulé. Ce dernier exprime, en un seul mot, notre attachement à une réalité régionale définie, la Bretagne historique, à travers les déclinaisons de sa diversité. À notre époque marquée par l’éphémère et la rapidité des évolutions, l’antériorité de la création de notre association témoigne de son attachement à l’histoire qui la fonde, comme sa volonté de constituer un lien de permanence dans l’impermanence.

Banniere-2R

L’article 1 de nos statuts stipule que « L’association bretonne est fondée pour adapter le développement des progrès agricoles de la Bretagne et former un centre d’études et de relations. » Au ressort du progrès de l’agriculture comme levier essentiel du développement de la Bretagne, au milieu du XIXe siècle, succède aujourd’hui l’intérêt porté par notre association aux facteurs de modernité qui permettent à notre région de s’inscrire dans la nouvelle dynamique du XXIe siècle.

À ce titre, ses quelques 1000 membres s’intéressent au patrimoine breton qu’il soit historique, religieux, culturel, artistique ou architectural sans perdre de vue l’actualité de la Bretagne dans toutes ses composantes humaines, économiques et sociales. Les contributions érudites présentées lors du congrès annuel et les comptes rendus des rencontres de pays font l’objet d’une publication dont l’audience dépasse de loin les seuls membres de l’association.

En conclusion, apolitique par volonté d’impartialité, l’Association Bretonne milite pour l’identité bretonne sous toutes ses formes. Elle cherche à conforter le sentiment d’appartenance à la Bretagne dans les cinq départements bretons en vue de la réunification administrative de la Bretagne. Elle soutient le bilinguisme précoce en organisant chaque année un concours de langue bretonne. »


L’association Bretonne

Drapeau 1532

L’Association bretonne figure dans l’Annuaire des sociétés savantes de France établi par le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), fondé en 1834, institut rattaché en 2007 à l’École nationales chartes. Il présente en ces termes notre association : « Créée au milieu du siècle dernier par un agronome et un archéologue, l’Association bretonne s’était donnée comme premier but de participer au développement agricole, puis la connaissance de l’histoire et des traditions en Bretagne.

Elle fut dissoute en 1859 par décision impériale ; elle a repris vie en 1873, et n’a jamais cessé ses activités depuis. Parmi les personnages qui l’ont rendue célèbre, on peut citer : Auguste Brizeux, Théodore de La Villemarqué, Arthur de La Borderie, Anatole Le Braz, Joseph Loth, Vincent Audren de Kerdrel, les bardes Taldir et Abhervé, René de Kerviler, Joseph-Guy Ropartz, Michel du Halgouët, François Vallée, Charles de Lorgeril, Charles de la Lande de Calan, grâce auxquels elle se trouva à l’origine de ce que l’on peut appeler le régionalisme culturel breton.

L’archéologie, l’histoire religieuse, politique et économique furent les domaines les plus développés au cours de ses congrès annuels. Aujourd’hui, son intérêt s’est étendu à d’autres domaines : langue bretonne, arts, architecture, sociologie, ainsi qu’à la défense du patrimoine. Ses membres, au nombre d’un millier, regroupés en « Pays », proviennent de toute la Bretagne, ce qui la distingue des autres sociétés culturelles et historiques souvent plus spécialisées. Elle fut, grâce aux nombreux personnages célèbres qui l’ont fréquentée et animée, au départ de ce que l’on peut appeler le régionalisme culturel breton. L’archéologie, l’histoire religieuse, politique et économique furent les domaines les plus développés au cours de ses congrès annuels.

Aujourd’hui, son intérêt s’est étendu à d’autres domaines : langue bretonne, arts, architecture, sociologie, ainsi qu’à la défense du patrimoine. Chaque année, elle tient un congrès important dans l’un des cinq départements bretons. Elle organise aussi en différents endroits des colloques, des conférences, des diners-débats, des visites sur le terrain. »